# Arrestations et détentions arbitraires au Gabon
Le 14 avril de l’année dernière, Alain Djally, assistant du dirigeant de l’opposition Jean Ping, a été arrêté sans mandat à Libreville, la capitale du Gabon. Des hommes en civil lui ont bandé les yeux et infligé des mauvais traitements. Il a été autorisé à voir son avocat le lendemain, mais pas les jours suivants. Il a été détenu à la Direction générale des recherches, un établissement dirigé par les services de renseignement gabonais, avant d’être transféré à la prison centrale de Libreville, où il a été maintenu à l’isolement pendant toute la durée de sa détention. Il a été inculpé d’usurpation de fonctions avec son ancienne carte militaire et de détention illégale d’armes à feu pour possession d’un pistolet à blanc. Son avocat a déclaré que ce type d’arme ne nécessitait pas de permis, et que les charges qui pesaient sur son client étaient motivées par des considérations politiques. Alain Djally a été libéré à titre provisoire le 23 juin. Le 15 juin, Marcel Libama, conseiller de la CONASYSED et de la confédération syndicale Dynamique unitaire, a été arrêté dans la ville de Tchibanga après avoir parlé de la détention d’un de ses collègues, Cyprien Moungouli, au cours d’une émission diffusée par Radio Massanga. Il a été détenu pendant trois jours dans un poste de police, puis transféré le 20 juin à la prison locale. Il a été inculpé d’outrage à magistrat, d’entrave à la justice et de diffamation par voie de presse. Le 17 juin, Juldas Biviga, un journaliste de Radio Massanga, a également été arrêté, notamment parce qu’il avait refusé de supprimer les enregistrements d’entretiens archivés. Le 13 juillet, Marcel Libama et Juldas Biviga ont été roués de coups par leurs gardiens de prison. Souffrant de blessures aux chevilles, aux côtes et aux oreilles, Juldas Biviga a été transféré à l’hôpital. Ils ont tous deux été condamnés à 184 jours de prison et à une amende de 450 euros. Le 27 août, les forces de sécurité ont arrêté Hervé Mombo Kinga, militant et éminent partisan de Jean Ping. Il avait projeté des vidéos en public près de son cybercafé et a été accusé d’« instigation à la violence » et d’« outrage au chef de l’État ». Il a été maintenu à l’isolement pendant un mois et demi. Il était toujours en détention à la fin de l’année.